ARAGON Louis [Paris, 1897 - Paris, 1982],... - Lot 6 - SVV Lombrail Teucquam

Lot 6
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ARAGON Louis [Paris, 1897 - Paris, 1982],... - Lot 6 - SVV Lombrail Teucquam
ARAGON Louis [Paris, 1897 - Paris, 1982], écrivain et poète français. 3 pièces autographes signées. 1 page in-4° signé «Aragon», 2 pages in-4° signé « François la colère », 1 page in -4° signé « François la colère ». - « A l'occasion du millième “Le soir “ je m'apprêtais à écrire un article pour présenter notre journal à nos lecteurs. Mais je trouve dans mon courrier ce matin , la lettre suivante. Elle émane d'un de nos collaborateurs d'il y a cinq ans, dont je n'avais rien eu depuis le jour où j'ai été mobilisé au 1er septembre 1939. Mieux que tout je pourrais dire, elle exprime l'esprit d'équipe et d'indépendance française qui a fait le succès de “le soir”, aujourd'hui le plus grand journal du soir, le premier journal par la vente dans la région parisienne. Je donne donc la parole à notre chroniqueur théâtrale, Claude Briac, prisonnier évadé d'Allemagne, et par lui à tous ceux qui ne nous ont pas encore rejoints, et qui sont notre poignant, notre saignant soucis. Aragon ». - « Pendant quatre ans, des hommes ont trahi la France. Ils siégeaient dans les conseils de Vichy, ils administraient nos villes, rançonnaient nos campagnes. ils étaient revêtus des signes de la dignités qui commande, ils [...] le langage et le drapeau de la France. Ce n'était pas des enfants, et qu'ils fussent commandés par un vieillard ,'excuse en rien ce qu'on voudrait aujourd'hui donner pour de l'aveuglement. L'un d'eux était préfet de Lyon. Sous son autorité la police au service de l'ennemi traquait les patriotes dans cette ville que le Général de Gaulle a appelé la capital de la résistance. Je viens d'être condamné à mort, devant le tribunal régulier, par un jury français. Or voici que dans le journal du matin, un éditorialiste qui est un écrivain distingué prend la défense de ce préfet. Ce préfet, dit il, n'est pas un traître, car aucun acte de trahison caractérisé n'a été retenu contre lui. Mais un peu plus loin il ajoute “qu'Angeli préfèt sévère, se conformait aux directives de Vichy”. Ces directtives, cette sévérité dans l'application de ces directives, ce n'est pas de la trahison caractérisé? [...] Lui dorais-je que je crois qu'il se trompe s'il se croit lié par la vérité et la reconnaissance à venir ainsi apporter son témoignage? Moi aussi, j'ai reçu (et d'un lieutenant de police, pour ma part) un avis indirect de même genre, [...] des intentions, de la gestapo à mon égard. Nombreux sont dans la Résistance les hommes qui ont reçu de semblables avis. Mais, en fait, c'était toujours des hommes comme nous, je veux dire des écrivains, des gens d'une certaine notabilité... Le menu fretin des Patriotes, lui, on ne l'avisait de rien. Car il s'agissait pour ces préfets, ces lieutenants de Polices, ne nous y trompons pas de prendre une assurance sur l'avenir ». - « Parlons français - On ne faisait pas la guerre à Hitler, bien qu'on la lui eût déclaré. La Vème colonne était partout. Dans les académies, à la Censure, dans l'armée et jusque dans les conseils du gouvernement. Les calomnie avait champ ouvert contre ceux qui disaient que nos meilleurs amis étaient les Russes. Le peuple français était considéré comme un ramassis de voyous, d'émeutiers et de gens de droit commun, et on le lui faisait sentir. On ne faisait rien pour développer la production de guerre. Les gros patrons, cherchant à prendre leurs revanche de 36, préparaient la défaite, dans leurs usines au ralenti. Les mobilisées comprenaient chaque jours un peu moins ce qu'ils faisaient à piétiner dans la boue, bon nombre sans souliers de marche ; aucune propagande contre le fascisme n'était faite auprès d'eux. Cela dura plusieurs mois. Puis un beau jour aux confins de la Hollande et de la Belgique, Hitler attaqua avec ses panzer decisions. Le front fut percé... Cela se passait non pas en 1944, mais en 19939-40, et c'est ce qu'on a appelé la drôle de guerre. Que celui qui veut revoir une autre drôle de guerre lève la main! ».
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